Ukraine : histoire
L’Ukraine fut le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves: la Rous’ de Kiev (appelée dans les écrits occidentaux Ruthénie), qui durant les Xe et XIe siècles fut l’État le plus grand et le plus puissant d’Europe.
Au IXe siècle, Kiev fut prise aux Khazars par le Varègue (Viking oriental) Oleh le Sage. Située sur des routes marchandes lucratives, Kiev devint rapidement le centre d’un puissant État slave, appelé “Rous” ou Ruthénie . Au XIe siècle, la Ruthénie était géographiquement le plus vaste État d’Europe. En 988, sous le règne de Vladimir le Grand, un missionnaire chrétien, Cyrille, convertit l’aristocratie kiévienne (surtout varègue) et la majorité de la population. Sous le règne de Iaroslav le Sage, le prestige de l’État kiévien atteint son apogée : il s’étend de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l’Oka avec la Volga jusqu’aux Carpates septentrionales. Iaroslav fut un grand bâtisseur, c’est lui qui fit construire la célèbre cathédrale Sainte-Sophie à Kiev, et un grand législateur. Le droit, l’éducation, l’architecture et l’art kiévien connaîtront un renouveau impressionnant sous son règne. Mais au XIIe siècle, des conflits parmi les seigneurs de la Ruthénie ont mené l’État kiévien au déclin: il se divise en différentes principautés. Kiev fut saccagée par la principauté de Vladimir (1169) durant la lutte pour le pouvoir entre les princes et plus tard par les Coumans et les Tatars Mongols aux XIIe et au XIIIe siècle. Par conséquent, les principautés ruthènes durent reconnaître la souveraineté des Mongols. L’autorité mongole était très cruelle, notamment en matière pénale, et le peuple a souvent fui vers d’autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie.
Durant le XIVe siècle, les Polonais et les Lituaniens combattirent l’envahisseur mongol et finalement toute l’Ukraine septentrionale passa sous l’autorité de la Pologne et de la Lituanie. Les Tatars ne gardèrent que le littoral de la Mer Noire et la Crimée; toutefois, de 1412 à 1484, la Pologne atteignit la Mer Noire du côté d’Otchakiv (vers l’actuelle Odessa).
C’est durant cette domination lituano-polonaise, à partir du XVe siècle, que se formèrent les Cosaques, des paysans ruthènes orthodoxes qui refusaient la servitude et l’assimilation aux Polonais catholiques. Le royaume de Pologne les tolère et les utilise contre les Tatars, puis, à partir du XVIe siècle, contre les Turcs ottomans, devenus suzerains des Tatars de Crimée.
Affaiblie par des querelles internes et les invasions mongoles, la Ruthénie fut progressivement intégrée au Grand-Duché de Lituanie et finalement, au XVIe siècle, dans la Confédération lituano-polonaise.
Au milieu du XVIIe siècle, suite à une révolte populaire des Cosaques du Registre et de la Sich, ainsi que des paysans ukrainiens, un État autonome ukrainien, l’Hetmanat cosaque, fut établi et perdura pendant plus d’un siècle malgré la pression des envahisseurs moscovites attirés par les terres riches et fertiles. Suite au traité d’Androussovo, il fut partagé en deux, l’un sous protectorat Polonais, l’autre sous protectorat Moscovite qui perdura pendant plus d’un siècle. Le territoire des Cosaques Zaporogues de la Sich fut tout d’abord cogéré par les deux souverains.
Catherine la Grande, impératrice de Russie, supprima le Hetmanat au milieu du XVIIIe siècle et détruisit la Sich dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Le partage de la Pologne lui permit de récupérer pratiquement toute l’Ukraine de la rive droite, à l’exception de la Galicie, passée sous contrôle de l’Empire Austro-hongrois.
La culture ukrainienne connut une renaissance au XIXe siècle. Moscou ne tarda pas à réagir et, en 1876, interdit la langue ukrainienne dans les écoles, les journaux et la littérature. En 1892, Kiev comptait près d’un demi-million d’habitants.
Après la Révolution d’octobre de 1917, l’Ukraine fut brièvement indépendante jusqu’en 1920. La Rada ukrainienne centrale proclama le 20 novembre 1917 la République Populaire d’Ukraine et le 25 janvier 1918 sa séparation d’avec la Russie. Le premier chef d’État ukrainien devint V.K. Vinnitchenko.
Pour combattre l’armée rouge qui contrôlait alors une partie de l’Ukraine, la Rada centrale chercha le soutien des Allemands qui organisèrent un coup d’État et renversèrent le gouvernement de Vinnitchenko, mettant à sa place P.P. Skoropadski. Mais l’Allemagne perdit la Première Guerre mondiale et Skoropadski, dépourvu de tout soutien, fut renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le 14 décembre 1918, la République populaire d’Ukraine fut rétablie avec V.K. Vinnitchenko.
L’Ukraine fut envahie par l’Armée rouge et ramenée dans le giron russe. L’ancien « grenier » de la Russie tsariste, devenu une république fantoche, continuait à ravitailler les centres urbains soviétiques. Le 30 décembre 1922, l’URSS naissait du traité qui réunissait la RSFSR, la Biélorussie, l’Ukraine et la Transcaucasie. Dans le conflit qui opposa les communistes du centre (Moscou) et les partis communistes nationaux, c’est le centre qui l’emporta et imposa une fédération.
Quand Staline déclencha sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l’Ukraine devint l’une des sources indispensables de son financement. Les années d’industrialisation furent marquées par la construction de la plus grande centrale hydraulique de l’Europe sur le Dniepr (le DnieproGuES), ce qui contribua à l’électrification de la République, ainsi qu’une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass.
Après une brève période d’ukrainisation (campagne dite de « korenizatsiya ») dans les années 1920, se traduisant par le retour à la langue d’origine dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux, Staline ne ménagea pas les efforts pour réprimer le moindre signe d’un réveil national ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l’intégrité de l’URSS.
Sous Staline, une famine provoquée artificiellement par la collectivisation forcée des paysans et la réquisition de la majorité de leurs récoltes, politique décidée par Staline, aurait fait entre 3 et 7 millions de victimes en Ukraine de 1932-33, alors que cette région était la plus prolifique d’un point de vue agricole de toute l’URSS ; les Ukrainiens l’appellent « Holodomor » ou « l’extermination par la faim ». Cette famine artificielle exista dans toutes les républiques soviétiques, mais la République d’Ukraine, majoritairement rurale, en souffrit particulièrement. De nombreux historiens considèrent cette famine comme un génocide contre le peuple ukrainien.
Des exécutions et des déportations de nationalistes Ukrainiens sont orchestrées par son régime durant les purges de 1937-1939 : quelques millions d’Ukrainiens sont exécutés ou envoyés vers des camps de travail soviétiques. En outre, le Kremlin qui prônait l’athéisme d’état s’attaque aux symboles religieux, dont les églises et les cathédrales en détruisant plus de 250 édifices.
Après l’invasion de la Pologne en 1939 par les troupes allemandes et soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne furent annexées par l’Union soviétique et incorporées au sein de l’Ukraine occidentale.
Au printemps 1941, l’Ukraine fut rapidement envahie par les armées allemandes. Durant deux ans, les exactions des nazis furent terribles. Massacres de milliers d’Ukrainiens, pillage systématique des ressources naturelles et agricoles, chasse aux partisans avec des centaines de villages brûlés qui voient leur population massacrée.
Le 28 avril 1943, le haut commandement de la Wehrmacht annonce la création de la division SS galicie constituée de volontaires Ukrainiens; les historiens estiment que plus de 220.000 Ukrainiens s’engagèrent aux côtés des forces allemandes durant la seconde guerre mondiale (Polizei, U.V.V, Hiwis ou Waffen-SS).
En 1944, l’Armée rouge libéra des nazis et reconquit la plus grande partie de l’Ukraine. À la fin de la guerre, les pertes ukrainiennes s’élèvent à 8 millions de personnes dont 1,377 millions de militaires soviétiques de nationalité ukrainienne (15,9% des pertes totales de l’Armée rouge), ce qui en fait le deuxième groupe après les Russes. Quant aux indépendantistes, ils continuèrent leur résistance armée contre l’URSS jusqu’en 1954.
Le 24 octobre 1945, sous l’initiative soviétique, pour marquer la reconnaissance de leur contribution dans la lutte conte le nazisme, l’Ukraine et la Biélorussie obtinrent leurs propres places à l’ONU.
En 1954, le chef soviétique Nikita Khrouchtchev transféra la Crimée à la République soviétique socialiste d’Ukraine pour marquer le 300e anniversaire du Traité de Pereïaslav.
Ce n’est qu’en 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permit aux Ukrainiens de s’organiser pour défendre leurs droits. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, fut créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique ont alors obtenu environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopta, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de l’Ukraine. Ce fut le premier pas vers l’indépendance complète de l’Ukraine. Celle-ci fut proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d’électeurs votèrent pour l’indépendance. La semaine suivante, l’URSS cessa d’exister suite à la dissolution décidée lors de la réunion à Minsk des dirigeants russe, ukrainien et biélorusse.
L’Ukraine devint l’un des membres-fondateurs de la Communauté des États indépendants.
Source : Wikipedia










