Pologne : histoire
Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la dynastie des Piast, qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l’est de Poznań.
Poste avancé de l’Occident catholique romain et du Drang nach Osten (poussée germanique vers l’est), (qu’il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers teutoniques), face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol). Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. Celles-ci, particulièrement au XIIIe siècle, ruinent le pays (invasions de la Horde d’Or mongole de 1248 à 1275).
Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, unifie la Pologne.
En 1386, la reine de Pologne, Hedwige d’Anjou et le Grand-Duc de Lituanie, Jogaila Algirdaitis signent l’accord de l’Union de Krewo. Ce fut le commencement de l’Union de Pologne-Lituanie, sous la dynastie lituanienne des Jagellon.
Casimir IV réunit même pour une petite période les couronnes de Bohême (1471-1526) et de Hongrie (1490-1526) à celle de Pologne.
La Rzeczpospolita Obojga Narodów (République des Deux Nations), qui est une extension de l’Union de Pologne-Lituanie en existence depuis 1386, est concrétisée par la signature, en 1569, du traité de l’Union de Lublin qui unit le Royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie en un seul État. La Rzeczpospolita couvre alors un territoire qui « allait de la Baltique à la mer Noire » et jusqu’aux portes de Moscou. La capitale est alors Cracovie, en Petite Pologne.
La Rzeczpospolita se dote par ailleurs d’un système politique inédit depuis la Rome Antique, l’Aristocratie, ancêtre de la démocratie parlementaire. Le Roi y est en effet élu, et non héréditaire. C’est le principe de la Monarchie élective. Certes, cette « république » donne le droit de vote aux seuls nobles. Cela représente toutefois presque 10 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale en 1596. Les nobles obligent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concerne les impôts, l’armée et la justice. Ainsi, le monarque polonais, à l’époque où les monarchies européennes (France, Espagne, Autriche) « s’absolutisent », est au contraire affaibli.
La tolérance religieuse est une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans est restée catholique (dans les années 1980, 9 polonais sur 10 sont baptisés), de nombreux nobles se sont convertis au protestantisme, luthéranisme mais surtout calvinisme. Par ailleurs, la Pologne a donné abri (en particulier dans la ville de Leszno) aux « Frères tchèques » (Hussites) qui veulent échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la Rzeczpospolita compte alors une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays.
Mais cette tolérance religieuse se réduit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et est arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra, dont le prieur, Augustyn Kordecki, est à la tête de troupes numériquement très inférieures.
Le règne de Jean III Sobieski (1674-1696) est marqué par la construction, à partir de 1677, du palais de Wilanów à Varsovie, et par la victoire de ses troupes en 1683, appelées en renfort par les puissances européennes et le Pape pour faire face à une offensive turque de grande ampleur sous les murs de Vienne. Cette victoire militaire a une conséquence politique importante, car les Habsbourgs, traditionnels rivaux des Polonais, sont sauvés et partagent plus tard le pays avec la Russie et la Prusse. Cette victoire est aussi à l’origine des croissants, les premières viennoiseries, dont la forme rappelle le symbole du drapeau ottoman.
La Rzeczpospolita est peu à peu victime d’un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance, partagée trois fois successivement entre ses voisins (1772, 1793 et 1795). La première division de la Pologne, en 1772, conduit à un sursaut civique. Ce sursaut amène en 1791 à la proclamation d’une Constitution, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins, d’où le second partage, qui provoque une révolte menée par un héros de la guerre d’indépendance américaine, Tadeusz Kościuszko. Cette révolte sert de prétexte au troisième partage : la Pologne est rayée de la carte.
Tout au long du XIXe siècle, exception faite de la fin de la période napoléonienne (Grand-Duché de Varsovie), la Pologne est écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l’Allemagne), et l’Autriche (puis l’Autriche-Hongrie).
La Pologne ne recouvre son indépendance qu’en novembre 1918. Dès son indépendance la guerre polono-soviétique de 1919-1920 l’oppose à la Russie bolchévique. Comme la plupart des pays d’Europe du Centre-Est, à l’exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps durent peu. Le régime devient rapidement autoritaire, notamment sous l’influence de Józef Piłsudski.
L’invasion des forces allemandes et slovaques du 1er septembre 1939 met fin à la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la capitulation de Varsovie : le 28 septembre 1939). À l’est, l’invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance. Le pays est à nouveau partagé, entre l’Allemagne nazie et l’Union Soviétique. Le gouvernement polonais quitte la Pologne et vient se réfugier en France. Les divers ministères polonais s’installent au château de Pignerolle (Sud-Est d’Angers) ainsi qu’à Angers, qui devient de fait la capitale politique temporaire de la Pologne. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu’à l’invasion de la France par les troupes allemandes en juin 1940. Les armées polonaises luttent sur de nombreux fronts, et constituent par ses effectifs la 5e armée alliée lors du conflit aux côtés des soldats soviétiques, américains , britanniques et francais.
À la fin du second conflit mondial, les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d’Ukrainiens, annexée en 1939, et la Pologne « glisse » vers l’ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie. Une raison utilisée par Moscou pour expulser les Allemands de ces territoires, qu’ils peuplent depuis déjà plusieurs siècles, est que ces territoires sont historiquement polonais. Elle devient une république populaire membre du Pacte de Varsovie.
Dans les années 1970 et 80, de violentes révoltes éclatent dans le pays. Dans ce climat, l’élection sur le trône de saint Pierre de l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła (Jean-Paul II), en octobre 1978, est vécue par les autorités communistes comme une provocation.
En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981.
En 1989, ont lieu les « Tables rondes », réunion entre le gouvernement et Solidarność, qui permettront la naissance en douceur de la troisième république de Pologne, dirigée par Tadeusz Mazowiecki. À cette période, la Pologne est le premier pays du Pacte à se libérer de l’emprise soviétique, et à former un gouvernement non lié au bloc soviétique.
En 1990 Lech Wałęsa est élu Président de la République. Mais il est battu cinq ans plus tard par l’ancien communiste Aleksander Kwaśniewski (1995-2005).
Cette période permet à la Pologne d’intégrer, et ce depuis 1999, l’OTAN.
En 2003, les États-Unis lui attribuent le commandement d’une zone d’occupation en Irak.
Le 1er mai 2004, elle intègre l’Union européenne.
Le 23 octobre 2005, est élu le nouveau président : Lech Kaczyński.
Source : Wikipedia










